samedi 3 novembre 2012

3 mois et demi après, ça y est, j'ai mal.

ça, je ne m'y attendais pas. Comme une croûte que l'on croit sur le point de tomber toute seule... On l'arrache... Et on saigne, autant qu'au début.. Plus rouge... Et on le sait, elle mettra du temps à se refermer... Beaucoup de temps...

dimanche 14 octobre 2012

Octobre

Tu ne m’as pas brisé le cœur. Tu me l’as pris. Si bien que j’ai encore du mal aujourd’hui à te tutoyer, à parler vers toi, pour toi. Je désigne « il », je désigne « lui », je trouve des milliards de termes pour ne pas parler de toi. Je t’évoque sans haine, sans rancœur, sans bruit. Il n’y a qu’un vide, un creux, le néant. Pas de manque, pas de peine. Je pense à toi , à tout, comme on définit l’indifférence. Je ne suis plus capable de t’en vouloir, ni de m’accabler d’avoir été si… Si quoi, après tout ? Je fais ce que je ne faisais plus, je ne pense plus. Je vis depuis toi. Je n’ai pas à guérir, je suis déjà anesthésiée. J’attends que mon cœur reparte, la réanimation après coma prolongé. Les fonctions vitales sont bonnes, tu sais. Je ne souffre pas, je m’amuse parfois. J’essaye de pleurer, mais comment fait-on déjà ? Je suis une fille perdue au milieu de la rue, les passants me sourient, me parlent, me bousculent ; je leur réponds sans y penser, je les étreints sans élan. Je marche avec eux, je n’ai rien d’autre à faire.

samedi 5 novembre 2011

Make you feel my love

Mes mains tremblent, mes yeux me brûlent… « C’est fini », tu as dit. Même écrit je n’y crois pas… Je ne peux pas y croire. J’ai tout gâché, j’ai laissé passer un homme merveilleux. Mon homme. J’ai tout gardé pour moi, je voulais te dire que je t’aimais dans une explosion de joie, pas à travers un torrent de larmes. Je ne vois que par toi, alors excuse-moi si ma vue se brouille. Mes sens sont abattus, dans le coma. Je suis en mort sentimentale. Je ne mange plus, il n’y a que tes lèvres que je voudrais presser contre les miennes. Je ne dors plus sans vouloir au réveil que tout ça ne soit qu’un mauvais rêve. Je n’entends plus le monde extérieur, seuls tes mots résonnent dans ma tête. J’ai froid, et ma peau appelle tes bras, je voudrais me blottir contre toi … Je ne peux plus respirer tant que je ne ressens pas ton souffle près de moi. Seul mon cœur me rappelle sa présence car il se serre, ce vide me tord et me ronge…Je suis un peu morte aujourd’hui.

mardi 28 juin 2011

Toujours dans la peur de devenir. Et ainsi, dans le souci d’être.

Un jour je souris, je m’envierais presque. Je m’étonne de tant de bleu dans mon ciel, même les nuages s’éclipsent, pour ne pas déranger. Le lendemain, le soleil est chaud, mais il me laisse de glace : le hasard est cruel, nous le sommes tout autant.

Je préfère rester coite, et ne penser à rien. Ne pas imaginer le futur, le passé fait trop mal. Il m’a engourdie. J’ai des fourmis dans la tête, dans mon corps tout entier, et j’ai besoin de bouger, sur toi, contre toi. Je te regarde et je m’oublie. Ça marche. Cette latence m’est délicieuse, essentielle et confortable. Passive sous le soleil ? Non, rester statique m’est impossible, il n’y a que mes gestes pour traduire ce que je ressens, ce que je refuse. J’ai laissé tomber les mots, les statuts et la candeur.

Blitz

On oublie, on pense à autre chose, à eux, aux autres. Au ciel qui ne brille plus autant pour elle, à la pluie qui s’abat sur lui. On pense au tonnerre qu’on entend, à la foudre sous nos yeux, à ces lendemains intemporels. On pense au vide autour , il n’y a que lui pour nous combler, nous posséder. On s’oublie ; on relativise, on choisit l’ailleurs.
Et en une fraction de seconde, comme l’arc tendu qui reprend sa place une fois la flèche lancée, « Clac !». « Clac ! » sur mes épaules, qui m’abattent. « Clac » sur mes reins, qui se cambrent. « Clac » dans mon dos. Celle-là je ne l’avais pas vue venir.

jeudi 30 décembre 2010

Flashback.

Pourquoi ce cœur en vrac, soudain ? Les souvenirs semblent se balader dans ma poitrine vidée en un instant. Souvenirs de ce qu’on a pu être, de ce qu’on a pu dire, de ton rire d’enfant. Ce regard bienveillant me rappelle ces bons moments, ceux passés avec un autre. Car c’est bien le visage d’un autre, plein de promesses, qui me dit à présent: «Tu me manqueras, mon cœur, mais je ne t’aime pas. Je te le ferai croire, pourtant, je vais te briser le cœur et tu en redemanderas.»

Tout cela, en fin de compte, ne tenait qu'à un fil [mardi 30 novembre 2010]

Tu ne m’as pas arraché le cœur. Non, pas toi. C’eut été trop facile, indigne de celui que j’ai cru que tu étais, et que j’espère malgré moi, malgré tout voir revenir. Tu ne m’as pas brisé le cœur non plus, c’eut été trop bref, trop direct, trop franc.Tu t’es contenté de le découdre, un seul petit point, et te voilà qui tire dessus, doucement et sans t’arrêter. A croire que tu te délectes de voir mon cœur se détacher lentement, à l’agonie. « Mon cœur », c’était toi, il ya quelques instants, il y a quelques secondes, avant que tout ne bascule. Oui, toi que j’appelais mon cœur. A présent tu l’effiloches.

mercredi 11 août 2010

Me voilà prête à aller me coucher, lorsque là, en surbrillance près de l’horloge, la date apparaît. « C’est normal, on est le 11 ». Il y a exactement trois ans de cela, je passais la première des plus belles soirées de ma vie. J’avais quinze ans, j’étais partie en vacances avec ma meilleure amie, et j’avais rencontré avec elle tout un groupe de jeunes adolescents, qui, avec du recul, auraient pu facilement être rangés dans les différentes cases stéréotypées de l’âge ingrat. Des jeunes qui achètent de l’alcool en espérant que la caissière ne demande pas la carte d’identité, des jeunes qui fument en cachette, qui sont venus en famille qu’ils ne supportent plus, et qui, pire que tout, ont un couvre-feu. « Trop relous », ces parents, « j’te jure, je galère ». Des amies, « qu’on verra sur Paris, promis », des numéros échangés , des batailles dans la piscine où chacun cherche à couler chacune, pour un rapprochement tout sauf discret et subtil, mais qui, on y croit, à fait ses preuves, « machin et machine ils sortent ensemble depuis ». Et le chéri. Ah, le chéri, celui qui marque le début de tout, l’entrée au lycée qui s’annonce. Surtout, il est plus vieux, il a déjà dix-sept, il en a vu, des choses, il connaît tout de la vie : l’an prochain, tu te rends pas compte, il passe son bac. Il y a trois ans jour pour jour, ma première bouteille de whisky-coca light, ma première cigarette, mon premier béguin. Depuis, quand je repense à cette soirée digne de l’Hôtel de la Plage, à ces étoiles qu’on voyait si bien, une chanson en tête, qui reste gravée, indélébile : « il y a quinze ans à peine. Il y a quinze ans déjà. »

Séquence. [mercredi 29 septembre 2010]

" Ça ne veut plus rien dire.
- De quoi ?
- Toi et moi. Ça ne veut plus rien dire.
- Mais si. Pourquoi?
- Parce que. Nous sommes dans une maison de fous. Les fenêtres sont trop hautes,trop petites.
- C'est pourtant toi qui les as construites.
- Oui. Avant.
- Avant quoi?
- Avant Ça. Avant, quand tout Ça avait un sens.
- Ça en a déjà eu ?
- Non, Ça n'a jamais eu de sens.
- Alors quel est le problème?
- Je sais pas. Rien. Tout, peut-être. Ces fenêtres, ces fenêtres...
- Oh, laisse-les, tes fenêtres. Barricade-les. Barricade-nous.
- Pas la peine, on est déjà dedans.
- Dedans?
- Jusqu'au cou.
- Jusqu'au quoi?
- Jusqu'à ce que la mort nous sépare. C'est bien ce qu'on a dit, hein? Devant leurs yeux avides de sens. On a dit ça pour leur faire plaisir. Ils souriaient, ces mufles.
- C'est normal. Ils étaient heureux de nous voir heureux.
- Ils ne nous voient plus, maintenant, avec ces fenêtres.
- Mais nous ne sommes plus heureux.
- Non, nous ne le sommes plus. C'est ça."

dimanche 21 mars 2010

Quand tous les autres m'ont dépassée et que je les vois courir devant, si loin de moi, toi, tu t'arrêtes. "Je n'en peux plus", je crie épuisée, à bout de forces. Alors toi tu ne me réponds pas, comme tant d'autres, de me surpasser, de puiser dans ce qui n'existe déjà plus, il est déjà trop tard pour ça. Non, toi tu m'entends, tu m'écoutes, et tu reviens sur tes pas. Tu me rejoins et m'insuffle le souffle qui me manque. Tu prends ma main, et tu cours avec moi. Comme lorsque, petite fille, je sentais deux bras protecteurs pousser mon vélo. Juste avant de filer, d'avancer à toute vitesse. Avec hésitation peut-être. Mais avec fierté.