
Nous sommes là,sous le soleil timide du printemps,comme deux pauvres idiots qui marchons sans but. Un pas régulier, les yeux dans le vague, on tourne en rond. Le soleil a la tête qui tourne, et nous aussi,mais nous ne pouvons pas nous arrêter. Les paroles fusent, les explications s'ébauchent puis se perdent. Et tout à coup,un nom. Nous marchons encore, mais la nouvelle se répand comme un poison dans nos cœurs, une douche glacée intérieure. Le soleil brille, moqueur. Nous marchons toujours,côte à côte, nous regardons nos pieds, ils avancent sans nous. Nous regardons ailleurs, mais surtout pas derrière. Non,nous ne voulons pas,nous ne pouvons pas reculer. A quoi cela servirait-il, nous devons marcher! Alors dans ces tours qui se répètent, cette symphonie interminable, nous exécutons notre tâche. Toujours avancer, les pieds en sang, les jambes lourdes... Une seule consolation : dans quelques minutes, nous ne nous en apercevrons même plus.
Comment ma douce peux - tu écrire de si belles et si déroutantes choses à ton âge? Es-tu plus vieille que moi, que nous tous qui t'entourons depuis 17 ans et qui n'avons pas vu ce pouvoir ? gigantesque que tu sembles posséder?
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