vendredi 1 mai 2009

A la mémoire de Rose Lefèvre.

Juste une envie d'écrire,ce soir,trop forte. Trop de choses gardées pour moi,j'ai envie de hurler en silence. Tout d'abord pour toi, petite Rose fanée, qui me regarde à présent de là-haut. Soit mon ange-gardien, mon petit ange fort et fragile à la fois. Non,je ne t'avais pas oubliée. Mais,comme tu dois le voir maintenant, mon cœur est malheureusement rempli de toutes sortes de choses.

Laissées par toutes sortes de gens. De la douleur, de la peine. De la rancœur. Et beaucoup d'amertume.Je me rappelle alors,à chaque fois,que je n'en suis pas morte. C'est mon seul moyen de me sentir vivante. Autant de poids sur des épaules si frêles. Non, peut-être pas, en fin de compte. Il semblerait que je sois plus forte que je ne le crois. Vous pesez tous sur moi, sans répit. Et pourtant je suis toujours là, debout, face à vous. Vous vous accrochez à mes bras,à mes mains, mes vêtements détendus sont le fruit de votre histoire. Et pourtant, vous sentant prêts à fléchir, je suis celle qui vous rattrape, qui vous invite,qui vous sauve. Tous suspendus à mes branches, tous autant que vous êtes.

Je suis votre chêne, je suis votre roseau. Mais le jour arrivera où vous me retrouverez déracinée, sans vie, tranchée à cause d'une fêlure profonde sous l'écorce ou arrachée avec véhémence par une main habile. Et là, prophétique, une pluie de douleur s'abattra sur vos mondes. Elle vous fera glisser jusqu'à terre. Et vous devrez alors réapprendre à marcher. Sans moi.

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