"Ces interdits visaient particulièrement l'espèce féminine;une dame "comme il faut" ne devait ni se décolleter abondamment,ni porter des jupes courtes,ni teindre ses cheveux,ni les couper,ni se maquiller,ni se vautrer sur un divan,ni embrasser son mari dans les couloirs du métro : si elle transgressait ces règles,elle avait mauvais genre." Simone de Beauvoir - Mémoires d'une jeune fille rangée
jeudi 30 décembre 2010
Flashback.
Pourquoi ce cœur en vrac, soudain ? Les souvenirs semblent se balader dans ma poitrine vidée en un instant. Souvenirs de ce qu’on a pu être, de ce qu’on a pu dire, de ton rire d’enfant. Ce regard bienveillant me rappelle ces bons moments, ceux passés avec un autre. Car c’est bien le visage d’un autre, plein de promesses, qui me dit à présent: «Tu me manqueras, mon cœur, mais je ne t’aime pas. Je te le ferai croire, pourtant, je vais te briser le cœur et tu en redemanderas.»
Tout cela, en fin de compte, ne tenait qu'à un fil [mardi 30 novembre 2010]
Tu ne m’as pas arraché le cœur. Non, pas toi. C’eut été trop facile, indigne de celui que j’ai cru que tu étais, et que j’espère malgré moi, malgré tout voir revenir. Tu ne m’as pas brisé le cœur non plus, c’eut été trop bref, trop direct, trop franc.Tu t’es contenté de le découdre, un seul petit point, et te voilà qui tire dessus, doucement et sans t’arrêter. A croire que tu te délectes de voir mon cœur se détacher lentement, à l’agonie. « Mon cœur », c’était toi, il ya quelques instants, il y a quelques secondes, avant que tout ne bascule. Oui, toi que j’appelais mon cœur. A présent tu l’effiloches.
mercredi 11 août 2010
Me voilà prête à aller me coucher, lorsque là, en surbrillance près de l’horloge, la date apparaît. « C’est normal, on est le 11 ». Il y a exactement trois ans de cela, je passais la première des plus belles soirées de ma vie. J’avais quinze ans, j’étais partie en vacances avec ma meilleure amie, et j’avais rencontré avec elle tout un groupe de jeunes adolescents, qui, avec du recul, auraient pu facilement être rangés dans les différentes cases stéréotypées de l’âge ingrat. Des jeunes qui achètent de l’alcool en espérant que la caissière ne demande pas la carte d’identité, des jeunes qui fument en cachette, qui sont venus en famille qu’ils ne supportent plus, et qui, pire que tout, ont un couvre-feu. « Trop relous », ces parents, « j’te jure, je galère ». Des amies, « qu’on verra sur Paris, promis », des numéros échangés , des batailles dans la piscine où chacun cherche à couler chacune, pour un rapprochement tout sauf discret et subtil, mais qui, on y croit, à fait ses preuves, « machin et machine ils sortent ensemble depuis ». Et le chéri. Ah, le chéri, celui qui marque le début de tout, l’entrée au lycée qui s’annonce. Surtout, il est plus vieux, il a déjà dix-sept, il en a vu, des choses, il connaît tout de la vie : l’an prochain, tu te rends pas compte, il passe son bac. Il y a trois ans jour pour jour, ma première bouteille de whisky-coca light, ma première cigarette, mon premier béguin. Depuis, quand je repense à cette soirée digne de l’Hôtel de la Plage, à ces étoiles qu’on voyait si bien, une chanson en tête, qui reste gravée, indélébile : « il y a quinze ans à peine. Il y a quinze ans déjà. »
Séquence. [mercredi 29 septembre 2010]
" Ça ne veut plus rien dire.
- De quoi ?
- Toi et moi. Ça ne veut plus rien dire.
- Mais si. Pourquoi?
- Parce que. Nous sommes dans une maison de fous. Les fenêtres sont trop hautes,trop petites.
- C'est pourtant toi qui les as construites.
- Oui. Avant.
- Avant quoi?
- Avant Ça. Avant, quand tout Ça avait un sens.
- Ça en a déjà eu ?
- Non, Ça n'a jamais eu de sens.
- Alors quel est le problème?
- Je sais pas. Rien. Tout, peut-être. Ces fenêtres, ces fenêtres...
- Oh, laisse-les, tes fenêtres. Barricade-les. Barricade-nous.
- Pas la peine, on est déjà dedans.
- Dedans?
- Jusqu'au cou.
- Jusqu'au quoi?
- Jusqu'à ce que la mort nous sépare. C'est bien ce qu'on a dit, hein? Devant leurs yeux avides de sens. On a dit ça pour leur faire plaisir. Ils souriaient, ces mufles.
- C'est normal. Ils étaient heureux de nous voir heureux.
- Ils ne nous voient plus, maintenant, avec ces fenêtres.
- Mais nous ne sommes plus heureux.
- Non, nous ne le sommes plus. C'est ça."
- De quoi ?
- Toi et moi. Ça ne veut plus rien dire.
- Mais si. Pourquoi?
- Parce que. Nous sommes dans une maison de fous. Les fenêtres sont trop hautes,trop petites.
- C'est pourtant toi qui les as construites.
- Oui. Avant.
- Avant quoi?
- Avant Ça. Avant, quand tout Ça avait un sens.
- Ça en a déjà eu ?
- Non, Ça n'a jamais eu de sens.
- Alors quel est le problème?
- Je sais pas. Rien. Tout, peut-être. Ces fenêtres, ces fenêtres...
- Oh, laisse-les, tes fenêtres. Barricade-les. Barricade-nous.
- Pas la peine, on est déjà dedans.
- Dedans?
- Jusqu'au cou.
- Jusqu'au quoi?
- Jusqu'à ce que la mort nous sépare. C'est bien ce qu'on a dit, hein? Devant leurs yeux avides de sens. On a dit ça pour leur faire plaisir. Ils souriaient, ces mufles.
- C'est normal. Ils étaient heureux de nous voir heureux.
- Ils ne nous voient plus, maintenant, avec ces fenêtres.
- Mais nous ne sommes plus heureux.
- Non, nous ne le sommes plus. C'est ça."
dimanche 21 mars 2010
Quand tous les autres m'ont dépassée et que je les vois courir devant, si loin de moi, toi, tu t'arrêtes. "Je n'en peux plus", je crie épuisée, à bout de forces. Alors toi tu ne me réponds pas, comme tant d'autres, de me surpasser, de puiser dans ce qui n'existe déjà plus, il est déjà trop tard pour ça. Non, toi tu m'entends, tu m'écoutes, et tu reviens sur tes pas. Tu me rejoins et m'insuffle le souffle qui me manque. Tu prends ma main, et tu cours avec moi. Comme lorsque, petite fille, je sentais deux bras protecteurs pousser mon vélo. Juste avant de filer, d'avancer à toute vitesse. Avec hésitation peut-être. Mais avec fierté.
lundi 22 février 2010
Je suis proche de l'anesthésie, 20h29 un lundi soir. J'ai l'ennui sur le bout de la langue, et pourtant tellement de choses à faire. Inutiles mais indispensables. Contradictions.
Je bâcle tout ce que je fais pour profiter du vide, qui me tue petit à petit. Arrête, tu m'assassines. Je me pose, et sur pause, m'étonne du temps qui passe. Hélas. Tu me manques sans me manquer, je t'aime sans t'aimer. Ne t'inquiètes pas, je sais faire. Je ne désire rien, j'ai envie de tout.
20h34. L'éternité a ses limites.
Je bâcle tout ce que je fais pour profiter du vide, qui me tue petit à petit. Arrête, tu m'assassines. Je me pose, et sur pause, m'étonne du temps qui passe. Hélas. Tu me manques sans me manquer, je t'aime sans t'aimer. Ne t'inquiètes pas, je sais faire. Je ne désire rien, j'ai envie de tout.
20h34. L'éternité a ses limites.
lundi 15 février 2010
M'en veux pas, si j'ai froid. Ce n'est pas que j'ai peur si je tremble. C'est le moment, ma vie, un tout qui me glace le dos. Si je grelotte, c'est pour m'empêcher de m'embraser quand tu m'embrasses, et de fondre entre tes doigts. Pour palier ta peau qui me consume. Avant de finir toute petite, avant que tu ne souffles sur moi, tas de cendres, m'éparpillant au gré des vents. Pour que ma vie ne se résume pas à une poussière dans ton œil, l'air glacial est là. Alors non. Ne m'en veux pas, si j'ai froid.
vendredi 12 février 2010
De la musique et de la poésie. C'est ce que je vois dans tes yeux. C'est que j'entends entre tes mots,lis dans tes gestes, ce que je ressens dans ton souffle. C'est ce qui remplace le noir de la nuit par un gris lumineux et profond. D'ici, j'entends les feuilles respirer. Elles murmurent des mélodies inconnues jusqu'alors, imperceptibles et magnifiques. Pleines d'histoire.
Bande d'arrêt d'urgence, et arrêt sur image. [vendredi 22 janvier 2010]
Pause.
Arrête tes conneries.
Il est temps de mettre un terme à tout ça. Arrête de vouloir vivre comme ça. A force de le dire, à force de le vouloir, tu t'en es brûlée les ailes. Et ça crépite, ça grésille, les flammes emportent tout. Plonge avant que ton esprit ne s'embrase. T'es passée devant tellement de villes, à 230 km/h, que tu n'as pris le temps de rien voir. Juste un flou continu, et de l'adrénaline. Non, stop, c'est toujours pas ce que tu cherchais. Ralentis. Les jours sont passés, et tu as vécu des mois, des années, beaucoup trop intensément. Tu sais comment tout ça va finir, tu le sais exactement. Une explosion. Un accident.
T'as déjà rayé la carrosserie, faudrait pas que le moteur lâche.
Arrête tes conneries.
Il est temps de mettre un terme à tout ça. Arrête de vouloir vivre comme ça. A force de le dire, à force de le vouloir, tu t'en es brûlée les ailes. Et ça crépite, ça grésille, les flammes emportent tout. Plonge avant que ton esprit ne s'embrase. T'es passée devant tellement de villes, à 230 km/h, que tu n'as pris le temps de rien voir. Juste un flou continu, et de l'adrénaline. Non, stop, c'est toujours pas ce que tu cherchais. Ralentis. Les jours sont passés, et tu as vécu des mois, des années, beaucoup trop intensément. Tu sais comment tout ça va finir, tu le sais exactement. Une explosion. Un accident.
T'as déjà rayé la carrosserie, faudrait pas que le moteur lâche.
mercredi 20 janvier 2010
Pourquoi cette impression que tous les mercredis sont des déceptions, des sauts dans le vide, des portes qui se claquent sur mes doigts? Pourquoi cette sensation que je vais imploser, que je suis à bout de nerfs, et que ce mal s'évapore de ma peau, de chaque pore? J'ai le sentiment que la fin est proche en ce milieu de semaine. Tous les mercredis, je craque. Tous les mercredis, je mets de côté les "carpe diem", les moments de bonheur du week-end, tout ça, j'oublie. Alors le mercredi, j'écris, je me dis que ça ira mieux, mais je ne le pense pas le moins du monde. J'attends seulement. Je cours après les autres quatre jours par semaine, aujourd'hui c'est celui où j'aimerais que l'on me courre après. Qu'on me dise "Attends-moi, colle-toi à moi, on va respirer ensemble." Parce que ce mercredi, je ne sais plus comment on fait. Ce mercredi, je ne veux plus inspirer,je ne peux plus, c'est bloqué. J'expire, j'expire, expire mais ça fait mal. Encore plus mal quand je me dis "Garde de l'air, tu en auras besoin, les deux jours qui viennent." Après ce deux jours où je respire par la bouche, lentement, agonisante, que vais-je devoir faire? J'ai bien peur de me rendre compte que j'ai la tête sous l'eau. Quitte à nager, autant le faire à grandes brasses vers le fond et cogner mon ventre sur le carreau de la piscine, en espérant avoir assez d'air pour l'atteindre, le frapper de toutes mes forces et remonter en flèche. Mais non, me voilà allongée dans quelques décimètres cubes, les poings liés dans le dos, la pointe de mon nez frôlant presque la surface. Je vous regarde et j'attends. Viendrez-vous?
dimanche 10 janvier 2010
"C'est un baiser
Des plus légers
C'est un baiser
D'adieu."
Parce qu'on ne sait jamais que ce sera le dernier.]
Il y a ses mots, écrits sur des carreaux, timidement. Il y a ses quelques fautes qui m'ont fait rire, et une image aussi ronde qu'une bulle d'innocence. Et il y a cette feuille, que je n'avais pas voulue plier. Il y a cette page intacte, et des mots, les miens. Les lignes sont parfaites, les marges régulières. Elle restera comme ça,longtemps. Ni froissée au fond d'une corbeille, ni lue entre ses mains. Elle reste en suspend, cette feuille. Elle vole sans jamais toucher le sol.
Il y a deux lettres, et pas une n'est de rupture.
Des plus légers
C'est un baiser
D'adieu."
Parce qu'on ne sait jamais que ce sera le dernier.]
Il y a ses mots, écrits sur des carreaux, timidement. Il y a ses quelques fautes qui m'ont fait rire, et une image aussi ronde qu'une bulle d'innocence. Et il y a cette feuille, que je n'avais pas voulue plier. Il y a cette page intacte, et des mots, les miens. Les lignes sont parfaites, les marges régulières. Elle restera comme ça,longtemps. Ni froissée au fond d'une corbeille, ni lue entre ses mains. Elle reste en suspend, cette feuille. Elle vole sans jamais toucher le sol.
Il y a deux lettres, et pas une n'est de rupture.
lundi 28 décembre 2009
Garde les yeux ouverts, cher ange.La vie te mange. Elle te dévore, te consume. Non,ce n'est pas elle qui glisse entre tes doigts. C'est toi qui glisses entre les siens.Elle se tient fière, sûre d'elle, mais elle ne t'attendra pas. Chaque seconde passée est une seconde perdue. La joie, la peine, qu'elles t'imbibent. Que ta peau soit une éponge regorgeant de sentiments, d'expériences, et que tes paroles soient fidèles aux visages peints sur ta rétine. La vie est parfois à l'envers. C'est ce qui la rend si merveilleuse, car c'est à toi de la remettre à l'endroit. Ne t'endors pas dans un embrouillamini d'avenir, d'un jour et de peut-être, n'espère pas rêver ta vie. Reste éveillé, vivant.Un clignement de paupières et tout peut disparaître. L'expectative n'est pas pour toi, c'est une promesse sans lendemain. Un gai désespoir porteur d'illusions. Non, ne t'endors pas, cher ange. Ta petite mort te sera fatale.
samedi 21 novembre 2009
Un couloir étroit,sombre. Décor. Les murs sont froids, et ils transpirent. Comme toi, ils ont peur. Tu te cognes contre ces façades en pierre. Tu sursautes, tu es hanté.Tu vois son fantôme qui se promène, sortant d'une salle comme si rien ne s'était passé. Nous le savions tous. Et nous avions tous compris, comme une évidence. Ses pas résonnent dans ce couloir. Tu me dis qu'elle a déjà foulé toutes les terres où tu marcheras. Écho, elle court dans ta tête. Est-elle toujours là, va t-elle surgir de nulle part? Il fait trop sombre pour savoir. Peut-être. Sûrement. Tu doutes, et ton imagination te fait trembler au moindre bruissement de feuilles, dehors, au moindre craquement, au moindre souffle, au moindre bruit. Chaque silhouette te semble être la sienne, prête à t'arracher le cœur, et le dernier souffle qu'elle t'a laissé.
Il faut que tu en aies le cœur net.Alors prends ton courage à deux mains, serre-le de tes dix doigts, car tu sais où se trouve l'interrupteur, tu le sens respirer timidement près de toi.
Et la lumière fut.
Il faut que tu en aies le cœur net.Alors prends ton courage à deux mains, serre-le de tes dix doigts, car tu sais où se trouve l'interrupteur, tu le sens respirer timidement près de toi.
Et la lumière fut.
mercredi 26 août 2009
J'y ai cru, pourtant, qu'est-ce que j'y ai cru. J'ai cru que tu m'avais changée. J'ai cru que l'errance était finie, que les histoires trop courtes-trop culs c'était du passé, que le ciel bleu continuerait de briller. J'ai cru en ce que j'avais toujours critiqué, j'ai cru à un amour guimauve, à des chansons canadiennes, au cœur qui s'accélère et à ton visage en filigrane, imprimé sur ma rétine. J'ai cru à une histoire de cinéma, une passion à la Baz Lurhman, un remake de Love Story sans qu'elle meure à la fin. J'ai cru en un roman d'amour, à des baisers sur le quai d'une gare, à un regard déchirant qui m'a permis de vivre quelques heures de plus. J'ai cru à ta main dans la mienne, à ta main dans mes cheveux,à ta main sur ma hanche. J'ai cru à tes yeux, ces yeux si verts dont la nature n'a fait que copier la couleur. J'ai cru tout ce que tu disais , et plus encore ce que tu ne disais pas. J'ai cru à une histoire épique. J'ai cru qu'on y arriverait.
Et toi, tu crois que j'ai tout oublié?
Et toi, tu crois que j'ai tout oublié?
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