jeudi 30 décembre 2010

mercredi 11 août 2010

Me voilà prête à aller me coucher, lorsque là, en surbrillance près de l’horloge, la date apparaît. « C’est normal, on est le 11 ». Il y a exactement trois ans de cela, je passais la première des plus belles soirées de ma vie. J’avais quinze ans, j’étais partie en vacances avec ma meilleure amie, et j’avais rencontré avec elle tout un groupe de jeunes adolescents, qui, avec du recul, auraient pu facilement être rangés dans les différentes cases stéréotypées de l’âge ingrat. Des jeunes qui achètent de l’alcool en espérant que la caissière ne demande pas la carte d’identité, des jeunes qui fument en cachette, qui sont venus en famille qu’ils ne supportent plus, et qui, pire que tout, ont un couvre-feu. « Trop relous », ces parents, « j’te jure, je galère ». Des amies, « qu’on verra sur Paris, promis », des numéros échangés , des batailles dans la piscine où chacun cherche à couler chacune, pour un rapprochement tout sauf discret et subtil, mais qui, on y croit, à fait ses preuves, « machin et machine ils sortent ensemble depuis ». Et le chéri. Ah, le chéri, celui qui marque le début de tout, l’entrée au lycée qui s’annonce. Surtout, il est plus vieux, il a déjà dix-sept, il en a vu, des choses, il connaît tout de la vie : l’an prochain, tu te rends pas compte, il passe son bac. Il y a trois ans jour pour jour, ma première bouteille de whisky-coca light, ma première cigarette, mon premier béguin. Depuis, quand je repense à cette soirée digne de l’Hôtel de la Plage, à ces étoiles qu’on voyait si bien, une chanson en tête, qui reste gravée, indélébile : « il y a quinze ans à peine. Il y a quinze ans déjà. »

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire