"Ces interdits visaient particulièrement l'espèce féminine;une dame "comme il faut" ne devait ni se décolleter abondamment,ni porter des jupes courtes,ni teindre ses cheveux,ni les couper,ni se maquiller,ni se vautrer sur un divan,ni embrasser son mari dans les couloirs du métro : si elle transgressait ces règles,elle avait mauvais genre." Simone de Beauvoir - Mémoires d'une jeune fille rangée
samedi 3 novembre 2012
3 mois et demi après, ça y est, j'ai mal.
ça, je ne m'y attendais pas. Comme une croûte que l'on croit sur le point de tomber toute seule... On l'arrache... Et on saigne, autant qu'au début.. Plus rouge... Et on le sait, elle mettra du temps à se refermer... Beaucoup de temps...
dimanche 14 octobre 2012
Octobre
Tu ne m’as pas brisé le cœur. Tu me l’as pris. Si bien que j’ai encore du mal aujourd’hui à te tutoyer, à parler vers toi, pour toi. Je désigne « il », je désigne « lui », je trouve des milliards de termes pour ne pas parler de toi. Je t’évoque sans haine, sans rancœur, sans bruit. Il n’y a qu’un vide, un creux, le néant. Pas de manque, pas de peine. Je pense à toi , à tout, comme on définit l’indifférence. Je ne suis plus capable de t’en vouloir, ni de m’accabler d’avoir été si… Si quoi, après tout ? Je fais ce que je ne faisais plus, je ne pense plus. Je vis depuis toi. Je n’ai pas à guérir, je suis déjà anesthésiée. J’attends que mon cœur reparte, la réanimation après coma prolongé. Les fonctions vitales sont bonnes, tu sais. Je ne souffre pas, je m’amuse parfois. J’essaye de pleurer, mais comment fait-on déjà ? Je suis une fille perdue au milieu de la rue, les passants me sourient, me parlent, me bousculent ; je leur réponds sans y penser, je les étreints sans élan. Je marche avec eux, je n’ai rien d’autre à faire.
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